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Écrire sa souffrance
Publié le 02/12/2018
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Aucune conduite n'est plus préjudiciable que la fuite. À son propos, les Sages d'Israël vont jusqu'à dire que le début de la fuite s'appelle une chute.

Forts de cet enseignement, portons notre regard sur une certaine personne. Peut-être la connaissez-vous ? Et sinon qu'elle reste fictive, peu importe dans le fond. Cette personne ressentirait donc un trouble intérieur qui la dérange, ne la laisse pas en paix, gâche sa vie, use à la fois sa joie et sa volonté. Vous l'aurez compris, il s'agit d'une personne en souffrance.

Devant ses proches, ses amis ou les anonymes qu'elle croise dans la rue, elle veille à ne pas exprimer ce mal qui lui cause tant de tracas. Elle sait bien qu'une personne en souffrance est une personne que l'on délaisse car elle fait peur. Elle-même, parfois, se fait peur. Elle ne se reconnaît plus, ou encore ne se supporte plus. C'est même plus subtil que cela. Elle ne supporte plus cette souffrance qu'elle ne parvient pas bannir parce qu'elle fait partie de son être, tout bonnement. Et ceci lui fait terriblement honte.

Sa honte, bien sûr, constitue une souffrance dans la souffrance. Ce n'est pas facile de se sentir différent. Après tout, cette différence n'est pas dérangeante en soi, en tout cas aux yeux des autres. Le fait est qu'elle le deviendrait si ces regards extérieurs la voyaient ou bien la devinaient. Comme elle serait alors terrible, la souffrance ainsi révélée ! Le mot semblera dur : elle rendrait décalé, pire, inadapté. Car ne nous leurrons pas. Dans sa globalité, la société n'a pas de place pour la souffrance de l'individu.

Alors oui, cette personne cache sa souffrance. Elle la cache au monde, elle la cache à elle-même. Elle lui tourne le dos comme pour mieux l'ignorer. La mépriser, peut-être ? Lui faire du mal à son tour, en somme. Prendre sa revanche le temps d'une illusion. Mais en la fuyant, car il s'agit bien de cela, cette personne prépare sa propre chute. La souffrance reviendra, c'est une certitude. Tant qu'elle ne sera pas apaisée, elle sera ravivée par des situations de la vie ordinaire, par des rencontres, par des pensées parasites. Et quand la souffrance reviendra, donc, elle semblera plus vivace. En fait, elle sera la même ; c'est la personne qui aura changé. Par sa fuite, elle sera fragilisée. Aussi, sa souffrance lui paraîtra accrue.

Il faudrait que cette personne en parle. Mais même parler peut être néfaste. Le roi David enseigne que l'on croit quand on parle, ou, dit autrement, on se met à croire davantage une idée une fois celle-ci verbalisée. En parlant, cette personne serait sans doute soulagée : n'est-ce pas ce que l'on dit souvent ? Et c'est la vérité. Mais d'un autre côté, elle serait également assaillie par les mots qui, à peine prononcés, auraient soudain cette intensité incomparable que confère la croyance.

Pour faire sortir sa souffrance sans risquer qu'elle ne revienne avec une force inédite, mieux vaut parfois l'écrire. En une phrase, écrire permet d'observer de l'extérieur ce que l'on a toujours vécu de l'intérieur, tout en le gardant encore suffisamment à l'intérieur pour ne pas en souffrir en l'extériorisant.

Une fois son trouble écrit, une fois son problème raconté et un minimum structuré, rien qu'en le considérant on cesse d'en être l'objet. Et pour cause, on en est devenu l'observateur, le témoin critique et conscient. L'objet, ce n'est plus soi désormais, mais sa souffrance. On a gagné le confortable privilège de pouvoir l'interroger, la quantifier, la délimiter, l'historiser, c'est-à-dire l'inscrire dans une perspective historique et donc en comprendre à la fois l'avènement et l'évolution. En fait, on a dépassé le problème par l'esprit, tout en attendant encore évidemment de le dépasser dans le vécu.

Guérir par l'écrit, c'est possible. En tout cas, nous y croyons. C'est pourquoi TorahCoach propose cette modalité d'échange, qui permet une désolidarisation avec la souffrance, mais en douceur… si l'on peut dire.

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