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L'identité, un véritable acquis
Publié le 27/11/2016
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Rabbi Bounam de Peschiskha veillait à ce que chaque étudiant de sa Yechiva ait conscience de cette notion. : la valeur d’un acte dépend de la part personnelle que l’on y apporte. Pour ce faire, il racontait invariablement la même histoire à chaque nouvel élève.

À Cracovie vivait un homme du nom de Reb Eiziq, fils de Rabbi Yeqel. C’était un Juif au cœur simple et qui vivait modestement.
Une nuit, Reb Eiziq rêva d’une voix qui lui intimait de se rendre à Prague. Là-bas se trouvait un trésor enfoui sous un pont, face au palais royal. « Va et prends le trésor ! », répétait la voix. Au réveil, pensif, Reb Eiziq ne put s’empêcher de murmurer : « Un trésor à Prague ? Ce serait la fin de ma misère ! ». Puis il oublia ce qui, après tout, n’était qu’un songe.
Mais le rêve se répéta les nuits suivantes, si bien que Reb Eiziq commença à y attacher de l’importance. Et un matin, sa décision était prise : il irait à Prague.

Le voyage fut long et laborieux. Sitôt parvenu à destination, malgré sa fatigue, Reb Eiziq se mit en quête du palais. Sur les indications des passants, il trouva l’imposant bâtiment et entreprit d’en faire le tour. Quelle ne fut pas sa surprise quand il avisa le pont de son rêve ! Le cœur battant, il s’en approcha tout en regardant çà et là, dans l’espoir naïf d’apercevoir quelque objet précieux.
Pendant ce temps, des soldats faisaient leur ronde. Leur capitaine avait remarqué les allées et venues suspectes de Reb Eiziq.
— Avez-vous perdu quelque chose, monsieur ? l’aborda-t-il d’un ton cordial.
— Eh bien, bredouilla Reb Eiziq… Ceci vous paraîtra certainement farfelu : j’ai fait un rêve dans lequel une voix me parlait. Cette voix me disait qu’ici même, près du pont, un trésor était enterré. J’ai voyagé afin de me rendre compte si… vous comprenez, acheva-t-il de plus en plus confus.
— Mon pauvre ami ! s’esclaffa le capitaine. Si on devait prendre nos rêves au sérieux, on n’en finirait plus. Tenez, figurez-vous que l’autre nuit, j’ai moi-même rêvé d’un habitant de Cracovie dont le nom était Eiziq, et dont le père se nommait Yeqel. Eh bien ! Dans sa propre maison, sous le fourneau, un trésor était enfoui !
— Vraiment ? demanda Reb Eiziq en s’efforçant de dissimuler sa surprise.
— Comme je vous le dis ! Et voulez-vous savoir le plus cocasse ? Ce pauvre Eiziq n’en avait pas conscience ! Un rêve absurde, vous dis-je. De vous à moi, cher monsieur : me croyez-vous assez crédule pour voyager jusqu’à Cracovie où tout le monde s’appelle soit Eiziq, soit Yeqel, pour creuser un trou sous le fourneau d’un homme imaginaire ?

Reb Eiziq ne resta pas plus longtemps à Prague.
Aussitôt rentré chez lui, il écarta vivement son fourneau, se saisit d’une pioche et creusa avec ardeur. Quand la pointe de l’outil heurta un objet dur, il sentit son cœur défaillir. Il se jeta au sol et continua à creuser à mains nues pour enfin extirper un coffre. En l’ouvrant, il découvrit un trésor.

Rabbi Bounam de Peschiskha disait alors au nouvel élève :

Grave cette histoire en ton cœur et médites-y souvent. Car il existe un trésor fabuleux que tu ne trouveras ni chez tes camarades, ni chez moi. Ce trésor, c’est en toi qu’il repose.

Nous ressemblons tous un peu à Reb Eiziq, prêtant volontiers oreille à ces voix qui nous vantent mille merveilles pourtant fort lointaines, des voix qui nous écartent de notre propre personne. Si nous acceptions seulement de mesurer nos richesses personnelles au lieu d’écouter ces voix illusoires, combien de temps, combien d’énergie seraient sauvés ?

 


Ce passage est extrait du livre Et par elles, vous vivrez !  Pour le découvrir ou le commander, merci de visiter vahai-bahem.benkoel.org.

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