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Le couple idéal est-il seulement amour ?
Publié le 09/07/2017
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À quoi rêvent les célibataires avant de se marier ? À quoi rêvent les fiancés en priant le jour de leur mariage ? À quoi rêve tout époux sensé ? Et que regrettent les couples au bord de la rupture, dans une ambiance si étrangère à la joie et à la naïveté des débuts ? En principe, tous rêvent au couple idéal… ou bien regrettent de n'avoir pu qu'en rêver.

Le couple idéal justement, de quoi est-il fait : d'amour et d'eau fraîche ? Chacun sait qu'il s'agit d'une fable. D'amour tout court ? Cette fois, tout le monde s'entend là-dessus. Un couple idéal, et donc un couple heureux, est un couple au sein duquel règne l'amour. Un fait, le couple idéal n'est qu'amour.

Est-ce bien sûr ?

Il faut se méfier des vérités toutes faites, et celle-ci en est une. Au risque de surprendre, un couple heureux n'est pas un couple bâti uniquement sur l'amour.

D'abord, qu'est-ce que l'amour ? Vaste question ! Fondamentalement, l'amour est la volonté de faire un avec l'autre. En cela, l'amour s'exprime par exemple dans l'acceptation de faire une place à l'autre (quand bien même sa place empiéterait éventuellement sur la sienne), dans l'envie de lui parler, de le sentir auprès de soi, même seulement de le voir, dans la recherche désintéressée de son bonheur, dans la volonté de partager avec lui une tranche de vie ou simplement une idée.

Et donc, puisque l'amour pousse le couple vers l'union au sens le plus large[1], on comprend qu'il ne peut que fluctuer. En effet, si l'amour passe par le rapprochement, que devient-il quand les époux sont au contraire poussés vers l'éloignement ?

Que devient l'amour quand une dispute survient, sachant que la dispute décourage le partage puisqu'elle invite au repli sur soi ? Que devient l'amour quand la femme devient nidda, état qui empêche la pleine union du couple, bien au-delà du seul plan physique[2] ? Car on sait combien les périodes de nidda sont, pour les couples soucieux de vivre selon la volonté de leur Créateur, des périodes de « changement de régime » où les échanges perdurent bien entendu, mais avec une forme nouvelle, adaptée pour ainsi dire. Que devient l'amour quand l'un des époux éprouve du vague-à-l'âme, quelle qu'en soit la raison ? Que devient enfin l'amour quand la tentation de l'infidélité frappe à la porte ?

En un mot comme en mille, que les époux soient contraints à la solitude ou qu'ils la désirent, que devient alors le sentiment d'amour qui ne peut justement pas rimer avec solitude ? Il s'éclipse, tout simplement. En ce cas, comment soutenir que le couple idéal serait entièrement basé sur l'amour, sachant que l'amour est un sentiment fluctuant ?

Quand l'amour diminue jusque parfois disparaître, une seule chose peut sauver un couple avant qu'il ne revienne : la crainte. Non pas la crainte au sens de l'effroi, ce qui n'a aucun sens dans un tel contexte. La crainte au sens de la responsabilité, de cette rigueur intellectuelle caractéristique de la raison. Car seule la raison peut sauver un couple en perdition[3]. La raison, c'est une sorte de structure mentale, nécessairement solide, stable, fiable aussi, qui rassure et protège. Elle est telle un filet de sécurité apte à recueillir un couple en chute libre, quand l'amour qui le maintenait s'est momentanément évanoui.

Contrairement à l'amour qui, disons-le, invite à la passivité, la crainte pousse à réagir. Elle est génératrice de réflexion, de décision, d'action. Elle rappelle les responsabilités collectives et incite à les assumer. Jamais l'amour ne pourra susciter une réflexion personnelle telle que : « Notre situation de couple ne peut plus durer ; pour nous, pour les enfants, c'est impasse ». La crainte, elle, a ce pouvoir.

C'est pourquoi, dans la vraie vie et non dans une sorte de film à l'eau de rose, le couple idéal mélange amour et crainte. La crainte, en plus de venir au secours de l'amour, lui donne également un sens et l'organise.

Ce que nous énoncions en début d'article devient clair. Un couple heureux n'est pas uniquement bâti sur l'amour. Un tel couple ne pourra que se retrouver dans une posture périlleuse à l'occasion d'une baisse du sentiment amoureux. Et des occasions de ce genre, dans la vie d'un couple, il y en a beaucoup…

[1]  Notamment, l'union physique a du sens en tant que corollaire d'un amour par ailleurs bien établi.
[2]  Rappelons en effet que « lois d'éloignement » (hare'haqoth en hébreu), impliquent au sens large de moduler les idées partagées et les sentiments qui les accompagnent.
[3]  Certains diront que le fait de voir un conseiller conjugal, un psychologue de couple, un Rav, ou plus simplement de dialoguer et prendre de bonnes résolutions, voilà ce qui peut vraiment sauver un couple ! Mais ce sont là des conséquences de la raison, en ce que la raison est d'abord assimilable au principe de réalité. Considérer sa vie pour ce qu'elle est réellement ne peut que produire du positif.

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