Comment puis-je donner envie aux autres d'apprécier ma présence ?

Chère madame,

Bien que je l'ai volontairement écourtée dans le titre de ce message, vous posez votre question pour vous-même et pour votre enfant, puisque vous écrivez : "malheureusement mon ressenti a déteint sur ma fille".

Parlons donc de votre fille. Il est évident que le modèle parental est le moule que l'enfant épouse en se construisant.

La Mystique juive dévoile que D.ieu est appelé Abba veIma, Papa et Maman. Dans l'éducation, l'image de D.ieu mais aussi par extension le rapport que l'enfant entretiendra en grandissant avec le "monde de D.ieu" (les mitsvoth), sont étroitement liés à l'image qu'il a de son papa et de sa maman d'une part, et d'autre part à l'image que son papa et sa maman lui renvoient.

Aussi, quand maman par exemple a le sentiment d'être rejetée, de ne pas trouver sa place, ce n'est pas tant que l'enfant le sent : il l'admet. Pour lui, puisque le modèle est ainsi, la vérité est ainsi. Le malaise en société devient alors la norme.

Vous demandez : "Comment puis-je donner envie aux autres d'apprécier ma présence ?".

Derrière ces mots se cache la sensation fort désagréable qui apparaît quand on a l'impression de ne pas être intégré socialement, dans son environnement professionnel ou dans son cercle d'amis par exemple.

Nous avons tous besoin de nous sentir aimés. Même une célébrité, même une personne qui a tout pour elle, même un Rav dans un autre registre, éprouvent un plaisir simple et saint quand on leur dit "bravo" ou "merci". D.ieu l'a voulu ainsi. D.ieu a voulu qu'en témoignant du respect à autrui, on lui offre le plus merveilleux des présents : on le fasse vivre.

Chacun éprouve donc un besoin de reconnaissance, appelé "kavod" en hébreu ; un terme à rapprocher de "kaved", lourd, ce qui en souligne l'importance. Sans kavod, on ne se sent plus de ce monde au point de désirer en sortir, comme le narre la Guemara Ta'anith au sujet de 'Honi haMa'agal. Après avoir dormi 70 ans d'affilée, personne ne reconnut 'Honi, ce qui le poussa à demander à D.ieu de le faire mourir. Cette histoire tragique, extrême, met en évidence le mal-être terrible de celui qui n'est pas même reconnu par ses pairs. Quant à être apprécié…

Pourtant, et c'est l'essentiel de ce message, pour la Torah, être apprécié des autres n'est nullement une fin en soi. J'ignore si tel est votre cas, mais parfois cette quête effrénée peut même devenir un refuge, une forme de fuite, provenant du fait que l'on ne s'accepte pas soi-même.

L'essentiel est d'abord d'être bien avec soi-même. De se supporter, de s'apprécier, de s'écouter, de savoir et d'aimer qui on est. De percevoir les forces que D.ieu a mises en nous, de les scruter à la loupe s'il faut, pour enfin s'en réjouir et les cultiver. Dit autrement, il s'agit de se valoriser seul, sans le "filet" de l'approbation sociale. Voici la base même de la sociabilité !

Aussi, dans le cas où le rapport que vous entretenez avec vous-même ne serait pas emprunt de sérénité, c'est là qu'il faudrait investir vos efforts en premier lieu. Et vous savez, une personne qui valorise son tselem Eloqim (image de D.ieu, Qui créa l'homme à Son image), car c'est au fond cela dont il s'agit, rayonne et est appréciée des autres… sans efforts !

Que D.ieu vous éclaire et vous aide.

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