Femmes provocantes : reines ou servantes ? (Partie 1 sur 2)

Nous aimerions assurer au lecteur que cet article n’a absolument pas été écrit pour stigmatiser ou rabaisser, de quelque manière que ce soit. L’unique objectif poursuivi est de susciter la réflexion. Et s’il nous paraît si important de susciter la réflexion dans le sujet que nous nous apprêtons à aborder, c’est qu’il est volontiers tabou. Parce qu’il est tabou, il est susceptible d’évoluer sans direction ni contrôle à peine évoqué, poussé par les complexes, incompréhensions et autres transferts[1], emportant avec lui des gens dont la seule faiblesse aura été de renoncer à démêler le vrai du faux, le bien du mal.

Une telle faiblesse n’est pourtant pas sans conséquences. On séduit, on se laisse séduire, on se montre, on épie, apprécie, convoite ce qui est ainsi montré, on exige ce qui était jusqu'alors resté caché. Ces pulsions sont puissantes. Elles orchestrent une frénésie qui peut emporter loin, très loin, trop loin, vers des rivages apparemment paradisiaques mais dont la raison, elle, se serait résolument détourné.

Pour éviter d’avoir un jour à souffrir fort longtemps pour un court moment d’évasion, nous avons pris le parti d’aborder ce tabou en amont. Nous espérons avoir choisi les mots justes. Peut-être sembleront-ils aller parfois à contre-courant, peut-être sembleront-ils aussi rudes qu’un rayon de lumière venu déranger l’obscurité à laquelle nous comparons les mœurs ordinaires. Si cela devait survenir, que le lecteur s’attache de nouveau à l’esprit avoué de cet article : ne pas déprécier l’individu, et surtout pas la femme en général, et se sente libre de réfléchir avec nous, librement.

Après ce long préambule, nous pouvons commencer.

Aussi, qu’est-ce qu’une femme provocante ? C’est une femme qui provoque, évidemment. Mais quoi au juste ? Nous parlions de pulsion, nous aurions pu aussi bien parler de désir. Choisissons maintenant un terme moins connoté, plus universel, et disons qu'une telle femme suscite un intérêt pour sa propre personne. C’est bien cela. Une femme provocante, c’est une femme qui cherche avant tout à créer un lien.

Peu importe que ce lien soit solide, peu importe qu’il soit noble, peu importe qu'il soit stable. L’essentiel est qu'il soit et qu’il soit vite. Une femme provocante utilise donc ce qu'elle possède de plus remarquable d'un point de vue extérieur, pour susciter chez l’homme un attachement fulgurant.

La plupart des hommes n'attendent que ces appels à peine voilés. Certains poussent même les femmes à cela, plus ou moins explicitement. Au passage, quelqu'un nous confia un jour qu'à son avis, nombre de femmes sont provocantes non par choix, mais parce que « les hommes » le leur imposent. Pourtant, même en supposant que les choses soient telles, il n'y a là aucune contrainte véritable. Le choix demeure. Il est exact que résister à la pression sociale demande un effort. On pourra même avoir l’illusion que si on « ne joue pas le jeu », jamais on ne trouvera un homme à qui plaire. Résister à cette pression, dissiper cette illusion, cela porte un nom. Cela s'appelle le prix de la dignité.

Refermons plutôt la parenthèse. Pour curieuse que l’expression paraisse, ce processus de séduction qui s'inscrit entièrement dans l’instantanéité n’est finalement qu’un « échange de bons procédés ». Elle se montre à lui ; lui la regarde. Tout bien considéré, il n’est pas vraiment question d’échange, puisque chacun prend quelque chose à l’autre. Et deux individus qui basent un rapport mutuel sur le prendre n’échangent pas. Ils consomment.

D’autres hommes ne sont pas du tout friands de ce procédé trop brusque, trop brut, imposé par une féminité qui a renoncé à son intériorité. Une féminité devenue mondaine, ouverte, commune, puisqu'elle n'attend plus l'élu mais se donne à l'élu d'un jour, ou à celui d'une nuit, jour après jour…

Plus éveillés, plus conscients, plus religieux[2], ces hommes mettent des distances avec ces fameuses « femmes provocantes ». Des distances de tout ordre : physique, psychique, émotionnelle, affective. Du reste il n'y a là ni haine, ni snobisme. Il y a d'abord là un choix délibéré, qui en outre ne blesse pas l'intégrité de la femme[3], et qui procède en fait d'un respect supérieur pour le lien homme-femme.

Être religieux ne signifie donc pas repousser l'être lui-même. Sinon on glisse vers le fanatisme, le bannissement sans raison ni but qui charrie d’autant plus facilement la haine. Être un homme de Torah, dans ce cadre, c’est d’abord comprendre les raisons de la nécessité éventuelle du rejet, ne pas se tromper sur l'objet du rejet et, s’il faut ensuite mettre une distance, ne pas le faire par haine. Autrement dit, c’est toujours de la manifestation d’une personne dont il est question de se protéger le cas échéant, jamais de la personne elle-même. Celle-ci, malgré son possible égarement ou son ignorance tout simplement, n’en conserve pas moins une essence pure, appelée l’image de D.ieu (Berechith 1,27), et qui suffit à la rendre respectable.

Dans la seconde partie de cet article, et sans jamais renier ni les directives de la Halakha, ni l'enseignement des Sages d’Israël, nous tenteront d'aller plus avant.

Avant cela, permettons-nous d’insister une nouvelle fois tant le sujet est sensible. Il n’est pour l’heure question ni de cautionner, ni de de condamner. Il est question d’approfondir, de dépasser la superficialité ordinaire qui, fatalement, frustre l’être en quête de sens. Il est question de comprendre objectivement en quoi, pour une femme, provoquer est si négatif. Et nous le ferons du point de vue de la femme, justement.

Notes

[1]  Au sens où la psychanalyse l'entent. Pour un début de définition, consulter par exemple cet article ou encore celui-ci.

[2]  Par ce mot largement galvaudé, donc délicat à employer, nous faisons référence à l’investissement de l’être dans une existence guidée par l’idéal de la Torah.

[3]  Tout au contraire, serions-nous tenté de dire.

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